Manuscrits - Orient
Bible médiévale en caractères hébraïques,
Salomon ben Raphaël
Sûtra du lotus, Guanyin jing yi juan
Madjnoûn devient familier des animaux sauvages,
Nezâmî, Abd ol-Djabbâr Esfahânî
Planche de plantes entrant dans la composition de la Thériaque, Kitâb al-Diryâq, Claudius Galenus
 
François Ier avait déjà quelques manuscrits en arabe et en hébreu dans sa "Librairie", mais c’est avec le règne de Louis XIV et grâce à la vigoureuse politique d'acquisition inspirée par Colbert, que s’est vraiment constituée une collection orientale, selon deux axes majeurs : l’acquisition en France de bibliothèques d'érudits et d'amateurs éclairés, et l'envoi de missions en Orient.

La Bibliothèque du roi s'enrichit alors de plusieurs collections : celle de 588 manuscrits en hébreu, en arabe, en persan et en turc, appartenant à Gilbert Gaulmin est achetée en 1667 ; l'année suivante, un échange avec la bibliothèque du Collège des Quatre-Nations, héritière des collections de Mazarin, procure au roi plus de 2 000 manuscrits (dont les premiers livres chinois entrés à la Bibliothèque). Dans le même temps, le père Vansleb, envoyé par Colbert au Levant, fait parvenir à la Bibliothèque près de 600 manuscrits en arabe, persan, turc, hébreu, syriaque, copte ou éthiopien, achetés entre 1671 et 1675 à Chypre, Alep, Le Caire et Constantinople.

Au XVIIIe siècle, les acquisitions s’étendent à l'Inde et à la Chine. La collection personnelle de Colbert acquise par la Bibliothèque du roi en 1732, enrichit les collections orientales de 637 volumes. À partir de 1790, la nationalisation des biens du clergé, opérée à l’époque révolutionnaire apporte à la Bibliothèque nationale près d’un millier de manuscrits orientaux, dont 500 en hébreu, 340 en arabe, issus pour la plupart des bibliothèques de Saint-Germain-des-Prés, de l'Oratoire et de la Sorbonne. Au cours des XIXe et XXe siècles, les achats, les legs ou les dons de collections importantes et le produit des missions scientifiques, telle la mission Pelliot en Asie centrale, constituent les sources principales d'accroissement. S'y ajoutent les achats en vente publique, auprès de libraires ou de particuliers.

À côté des collections patrimoniales s'est développé un important fonds documentaire constitué de 100 000 volumes imprimés, monographies, périodiques et fac-similés en toutes langues et concernant toutes les aires culturelles de l’Orient ancien. Une filmothèque riche de 10 000 microfilms complète ce fonds.