Magasin central
Le magasin central  JC Ballot
 
Une conception révolutionnaire
À la Bibliothèque impériale, Labrouste se trouve confronté à un double problème : l’ampleur des collections et leur accroissement constant. Les estimations que l’on peut en avoir varient assez sensiblement, mais dépassent toutes le million de volumes. Ils sont alors rangés dans plus de trois cent pièces de l’ancien palais, souvent plus ou moins accessibles aux chercheurs, qui travaillent ainsi au milieu des ouvrages. Labrouste va proposer une solution rationnelle pour leur stockage, avec son magasin central adossé à la salle de travail. Dans la première moitié du siècle, les bibliothèques sont presque toutes de grandes salles entourées de livres, sur plusieurs niveaux accessibles par des échelles mobiles ou par des galeries superposées. Le modèle est celui des couvents médiévaux, revus à la Renaissance. Le magasin conçu comme une unité autonome est révolutionnaire ; proposé dès 1816 par l’architecte italien Della Santa, il n’a encore été réalisé qu’une fois à une échelle un peu comparable, à la Staatsbibliothek de Munich. Déjà, à Sainte-Geneviève, Labrouste a construit un magasin indépendant, mais il est censé n’abriter que les doubles. Rue de Richelieu ce sont deux espaces de surface sensiblement égale consacrés, l’un au public, l’autre aux documents. Entre les deux, l’hémicycle, réservé aux bibliothécaires, crée la rupture entre espaces de stockage et espaces de lecture. Certes des ouvrages restent placés sur le pourtour de la salle, mais ce ne sont pas les plus demandés.