Estampes et photographie
Les Imprimeurs en taille-douce, Abraham Bosse
 
Le dépôt légal de l'estampe
Le Cabinet des estampes remonte à près de trois siècles et demi. On considère généralement qu’il a été créé en 1667, date à laquelle le ministre Colbert procéda pour le compte du roi Louis XIV à l’acquisition d’une collection d’estampes et de dessins réputée, celle de l’abbé Michel de Marolles.
À côté des trésors de Marolles, existait, dès 1648, une collection d’estampes fondée sur le dépôt légal, loi qui remontait pour les livres à 1547 et que l’on étendit aux images quand, en raison de l’évolution des techniques, la gravure sur cuivre supplanta la xylographie jusque-là imprimée par le même artisan que le texte typographié. Lorsque le garde de la Bibliothèque royale commença à recevoir des ouvrages dépourvus de leurs illustrations, puisque celles-ci nécessitaient l’intervention d’un autre artisan, l’imprimeur en taille-douce, il eut l’ingénieuse idée de réclamer non seulement les images destinées aux livres, mais aussi toutes celles qui se trouvaient éditées dans le royaume de France : placards, images de piété ou de propagande, almanachs muraux. À partir de 1672, s’effectua également le dépôt des estampes de privilège – le privilège étant un acte de l’autorité donnant permission d’imprimer, constatant le droit de l’auteur et de l’éditeur de l’ouvrage et le protégeant de la contrefaçon.