Portrait d'Hector Berlioz

Émile Signol, 1832

Huile sur toile (47 x 37 cm)
Rome, Académie de France, P 86

Bien que ce portrait ne soit pas signé, et que Berlioz, dans sa correspondance ou ses Mémoires, ne dise jamais clairement qui en est l’auteur, la tradition veut que ce tableau soit l’œuvre d’Émile Signol, premier grand prix de peinture 1830. "Je pose pour mon portrait, qui, selon l’usage, est fait par le plus ancien de nos peintres et prend place dans la galerie du réfectoire3, écrit Berlioz au chapitre XLII des Mémoires. Le séjour mouvementé de Berlioz en Italie (interrompu par son escapade à Nice au printemps 1831) explique que le peintre ait exécuté son tableau en plusieurs étapes. De Nice, Berlioz parle d’ "un peintre de l’Académie qui avait commencé mon portrait qu’il n’a pas eu le temps de finir" (9 mai 1831). Et quand il s’apprête à partir de Rome, en avril 1832 : "le peintre qui l’a commencé ne sera libre d’achever que dans quinze jours" (7 avril 1832). Ce Berlioz-là ("Gd. Prix 1830", comme le rappelle une inscription sur le tableau) est bien celui de la génération des Jeunes-France : la lavallière rouge évoque le fameux gilet rouge de Théophile Gautier à la première d’Hernani, tandis que les traits aiguisés du visage, l’insistance sur la chevelure d’un blond rougeoyant rappellent les descriptions laissées du jeune compositeur par ses contemporains Joseph d’Ortigue, Heinrich Heine et Ernest Legouvé.