Un grand projet

Une mutation nécessaire

Héritière des riches collections nationales et d'un patrimoine architectural lié à son histoire, la Bibliothèque nationale s'est trouvée confrontée aux difficultés inévitables nées de l'inflation de la production imprimée, de la diversification des supports du savoir et de la demande croissante d'un public dont le niveau de formation ne cessait de s'élever : elle devait opérer une mutation. Cette mutation est intervenue à un moment où les développements scientifiques et techniques ouvraient des perspectives nouvelles aussi bien dans le domaine de la conservation que dans celui de l'accès aux documents ouvrant sur la transmission des documents à distance.

Le 14 juillet 1988, lors de son traditionnel entretien télévisé, le Président de la République annonce "la construction et l'aménagement de l'une ou de la plus grande et la plus moderne bibliothèque du monde... (qui) devra couvrir tous les champs de la connaissance, être à la disposition de tous, utiliser les technologies les plus modernes de transmission de données, pouvoir être consultée à distance et entrer en relation avec d'autres bibliothèques européennes". La déclaration surprend le public et les professionnels. De fait, elle lance un nouveau "grand projet".
Dans les quelques articles de journaux consacrés à l'annonce de la "Très Grande Bibliothèque" (TGB -sigle lancé par un journaliste), chacun s'accorde à rappeler qu'il faut, de manière urgente, régler le problème de la Bibliothèque nationale et celui des bibliothèques universitaires, dont les insuffisances rejaillissent sur la première. Une étude est confiée à Patrice Cahart, directeur de la Monnaie, et à Michel Melot, directeur de la Bibliothèque publique d'information, chargés par le Premier ministre de remettre un rapport.